Battus 7-0 par le Sporting Portugal lundi soir, les Strasbourgeois ont donné le ton d'un été qui s'annonce compliqué. Sur le terrain, le chantier défensif promet d'être long. En coulisses, le feuilleton avorté d'Ibrahim Ba laisse deviner un club qui regarderait son budget d'un peu trop près.
Sept buts encaissés, c'est quand même beaucoup
Il y a une excuse toute prête pour ce genre de match : la préparation. Effectif tronqué, jambes lourdes, adversaire déjà rodé après deux semaines de stage et une victoire 4-1 sur le Celtic quelques jours plus tôt. Tout cela est vrai, avec, en plus, un Joaquin Panichelli qui regardait ses coéquipiers depuis sa chaise de rééducation au lieu d'être sur le terrain.
Mais sept buts, cela ne s'efface pas d'un haussement d'épaules. Surtout quand ils viennent de partout : une perte de balle initiale qui se transforme en but dès la 4e minute, un concours de circonstances sur corner où personne ne va chercher Andresen, un penalty accordé sur un déséquilibre défensif, une tête gagnée dans le dos d'Omobamidele. Les deux mi-temps ont vu deux équipes différentes se faire perforer presque de la même manière. Ce n'est donc pas un simple problème de latéral droit ou de charnière centrale, c'est une désorganisation qui traverse tout l'effectif, sous une étiquette tactique, le 4-3-3 voulu par Hugo Oliveira, où pour l'instant chacun se cherche et personne ne se trouve.
L'effectif est loin d'être au complet, mais ce n'est pas une raison de fermer les yeux
Certes, il faudra patienter avant de juger sur pièces : deux recrues sur quatre seulement étaient alignées, Doukouré et Chilwell n'ont joué qu'une mi-temps, et Panichelli manque à l'appel pour de longs mois encore. De quoi tempérer le constat. Mais pas de quoi non plus verser dans l'optimisme béat qui consisterait à ranger ce naufrage au rayon des anecdotes de juillet comme l'a fait le nouveau coach du Racing. Un effectif remanié qui prend sept buts contre une équipe elle-même expérimentale la saison passée, cela interroge sur la solidité du socle, pas seulement sur les pièces qui manquent encore au puzzle.
Le Racing regarde son budget de près
Et c'est là que le dossier devient révélateur et, quelque part, encore plus inquiétant. Alors que la défense crie famine, le club a laissé filer une piste qui aurait dû, sur le papier, venir la renforcer. Le transfert d'Ibrahim Ba, annoncé puis discrètement enterré, aurait officiellement buté sur la visite médicale. Mais selon les informations venant de l'agent du joueur, la réalité est moins clinique que comptable : le Racing aurait tenté, une fois les résultats médicaux en main, de faire baisser le salaire du joueur sur le contrat proposé. Ce dernier ayant refusé, l'opération a capoté. L'épisode laisse donc planer une petite musique désagréable sur le mercato estival.
Parce qu'un club qui négocierait à la baisse au moment de signer un nouveau joueur n'est pas franchement un club qui s'apprête à donner les moyens à son nouveau coach de colmater les brèches. Entre un effectif encore incomplet, une défense à la dérive dès le premier match et une direction qui compte visiblement chaque euro, la marge de manœuvre d'Hugo Oliveira paraît aussi étroite que le chantier qui l'attend est vaste. La saison n'a pas commencé et l'optimisme, lui, est déjà en berne chez les fans.