Sur X, l'eurodéputée RN Virginie Joron annonce la fin des packs de bouteilles d'eau dès le 12 août, à cause d'un règlement européen sur les emballages. Le texte existe. L'interdiction, non.
« Bruxelles va vous obliger à porter vos bouteilles d'eau une par une. » Le message de Virginie Joron, eurodéputée RN, conseillère régionale du Grand Est et ex-candidate aux municipales de Strasbourg, a fait son petit effet sur X début juillet. Illustration à l'appui : une image générée par IA montrant un homme chargé d'une dizaine de bouteilles, portées à l'unité. Sa conclusion, féroce : « Pour votre mal de dos, envoyez la facture de votre kiné à ceux qui ont voté pour. »
Le problème, c'est que le règlement en question, le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), ne dit rien de tel.
Adopté par le Parlement européen en février 2025, ce texte vise à limiter les emballages inutiles et les substances chimiques qu'ils contiennent, PFAS en tête. Une partie de ses dispositions entre effectivement en vigueur le 12 août, celle sur les substances nocives dans les emballages alimentaires. Rien sur les packs d'eau.
L'article qui traite de la réduction des emballages, lui, existe bien : c'est l'article 10. Mais il ne s'applique qu'à partir du 1er janvier 2030, dans plus de trois ans. Et il prévoit surtout une exception explicite pour les emballages groupés « nécessaires pour faciliter la manipulation », comme le plastique autour des packs d'eau. Seuls les emballages groupés destinés à pousser les consommateurs à acheter plusieurs produits sont visés.
Autrement dit : le porte-bouteilles n'a aucune raison de faire son retour, ni le 12 août ni en 2030.
Cela n'a pas empêché des dizaines d'internautes de s'inquiéter sérieusement de la logistique en supermarché, ou d'imaginer la résurrection de cet accessoire disparu depuis les années 1970. La Commission européenne, elle, a jusqu'au 12 février 2027 pour préciser les matériaux et les exceptions concernés. De quoi laisser à Virginie Joron largement le temps de trouver un autre mal de dos à reprocher à Bruxelles.