Catherine Trautmann et ses Grands Travaux

A Strasbourg, le ring vélo (piste cyclable qui contourne le centre ville) a son point noir, place Saint-Guillaume. C'est pourquoi la nouvelle municipalité menée par Catherine Trautmann veut « l'ajuster », sans tout défaire en consultant la population au travers de déambulations entre élus et administrés. Louable méthode. Il est néanmoins amusant de constater que Catherine Trautmann n'a pas toujours été une grande partisane de la démocratie participative.

Par exemple, au chapitre des grands chantiers que Catherine Trautmann promet pour corriger l'héritage de Jeanne Barseghian, sa future « gare du XXIe siècle », mezzanine, accès direct aux quais, gare routière intégrée, doit notamment retoucher un ouvrage qu'elle connaît bien : c'est sous son premier mandat, entre 1989 et 1994, qu'a été percé le tunnel du tram passant sous les voies, avec sa station souterraine à 17 mètres de profondeur et sa galerie commerciale digne d'un film d'horreur. C'était une autre époque, celle où l'on creusait sans trop débattre, et où personne n'est jamais venu lui demander de réunion publique pour en discuter.

Vingt-cinq ans et un mandat Barseghian plus tard, la même Catherine Trautmann revient corriger ce que sa propre administration avait "façonné", en son temps et en sous-sol, sans jamais qu'on songe à le lui reprocher. La gare se referait, disait-elle alors, comme une tapisserie qu'on retisse sans cesse. Visiblement, c'est elle qui tient le fil. Et elle ne s'en lasse pas.